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1 year ago

Jaguar Magazine #8

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Dans ce numéro, nous nous intéresserons à la créativité des mestres brésiliens qui ont imaginé l’art délicat de la capoeira et à celle des artistes irlandais qui font le lien entre culture ancestrale et modernité. Vous découvrirez également le mariage créatif inattendu de l’iPhone et du papier peint victorien. Enfin, Riz Ahmed, artiste et acteur aux multiples facettes, nous expliquera pourquoi il considère que le moment est venu pour lui de se dévoiler pleinement au public.

Entretien Ce dernier

Entretien Ce dernier film, en particulier, ouvre à Ahmed les portes d’Hollywood. En 2016, il crève non seulement le petit, mais aussi le grand écran : il remporte un Emmy Award pour son rôle dans la série The Night Of de HBO et intègre le casting de Star Wars en prêtant ses traits au pilote Bodhi Rook dans Rogue One. C’est la consécration. Une figurine à son effigie est même créée. (“Je crois que mon neveu en a une”, remarque-t-il avec amusement.) Pour Ahmed, il y a un avant et un après. “Au début, ça surprend, on se sent perdu. C’est un peu étrange, mais agréable. Dans ces moments-là, il faut garder à l’esprit que ce n’est pas vous que les gens admirent. C’est quelque chose qui vous dépasse. Même si quelqu’un adore ma musique, ce n’est pas vraiment moi. Ce n’est que ma partie visible, un simple hologramme.” “En jouant dans Star Wars, j’ai pu en apprendre un peu plus sur les hologrammes. Certains aiment mon hologramme, d’autres le détestent : peu importe, car ce n’est pas véritablement moi. Cette analogie me permet de prendre du recul.” L’entourage d’Ahmed est là pour l’aider à garder les pieds sur terre : “Tout ce que ma mère veut savoir, c’est si j’ai mangé, pas combien j’ai d’abonnés sur Twitter.” Sa famille occupe également une grande place dans son travail. Né de parents pakistanais ayant immigré au Royaume-Uni dans les années 70, il a grandi entre deux cultures. Ayant obtenu une bourse pour entrer dans une prestigieuse école et étudié à Oxford, il a aussi dû s’adapter à un nouvel environnement. Rien de mieux pour la créativité, d’après lui : “Je crois que cette capacité à jongler entre mes différentes facettes a été pour moi un atout précieux. C’est comme ça que j’ai pu gagner ma vie en tant qu’acteur, en portant ces différents masques. J’ai toujours fait ça, depuis tout petit. Passer d’une culture à l’autre, d’une classe à l’autre, c’est comme jouer plusieurs rôles dans une même journée.” “Mais cela ne présente pas que des avantages. Il n’est pas toujours facile de choisir la version de soi que l’on va incarner. Aujourd’hui, j’essaie de moins y penser, je me demande plutôt comment me donner à 100 % dans tout ce que je fais.” Le véritable Riz Ahmed commence à se dévoiler, comme le montrent ses projets plus récents. Dans son dernier film, Sound of Metal, il joue un batteur qui perd l’ouïe, sombre dans la dépression et doit faire face à ses vieux démons, jusqu’à partir en cure de désintoxication dans un établissement pour sourds. Un rôle à contre-emploi ? Pas du tout, d’après Riz Ahmed. “On trouve toujours des points communs avec son personnage, explique-t-il. En l’occurrence, je me suis retrouvé dans cette quête de soi : qu’est-ce que je vaux ? Quelle est ma valeur, en dehors de mon métier ? Autant d’interrogations auxquelles Rubin, son personnage, est lui-même confronté. Qui suis-je quand je me regarde dans la glace ? Je suis quelqu’un qui a du mal à rester en place. Ce confinement est éprouvant, car j’ai tendance à me définir par mes actes. Rubin, lui, est contraint à l’immobilité et au silence, seul face à lui-même, à la personne qu’il est au plus profond de son être. Cela peut faire peur. C’est un sentiment qui ne m’est pas étranger.” “J’aurais pu aborder ce personnage par sa face visible : rencontrer PHOTOS: STUART CLARKE/SHUTTERSTOCK (P.16); TOM VAN SCHELVEN (P.17-18); BBC (P.19) un batteur, essayer de lui ressembler le plus possible… Mais j’ai préféré puiser dans mon for intérieur. Pour quelqu’un comme moi qui a vécu toute sa vie comme un caméléon, jouer, c’est se camoufler. Aujourd’hui, je dis stop : je ne veux plus être un caméléon.” Cela vaut aussi pour sa musique. Tour à tour DJ, MC, auteur et rappeur au flow percutant, il connaît ses premiers succès alors qu’il n’a encore qu’une vingtaine d’années. Mais cette passion ne suffit pas à payer les factures et il envisage à l’époque de renoncer. Heureusement, il persévère. Dans son dernier album, The Long Goodbye, il nous livre une recette qui réunit tous les ingrédients de sa personnalité : un Riz-otto, pourrait-on dire ! Cocktail d’influences orientales et occidentales où s’estompent les frontières entre paroles de chanson et poésie, cet album décrit les relations complexes qu’Ahmed entretient avec le Royaume-Uni. Il s’accompagne d’un court-métrage (disponible sur YouTube) absolument bouleversant, à ne pas manquer si vous êtes blasé à cause de l’orientation que prend la politique au XXI e siècle. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si, contrairement à ses précédents morceaux sortis sous le pseudo Riz MC, tant en solo qu’avec les Swet Shop Boys (sa collaboration avec le rappeur Heems et le producteur Redinho), il choisit cette fois-ci le nom de Riz Ahmed. “Je pense que ce court-métrage parvient à montrer toutes mes facettes, affirme-t-il. L’acteur, le musicien, le slameur. Il évoque un véritable fait de société, mais d’un point de vue très intime. Je veux tout donner. Je n’ai pas à choisir le pan de ma personnalité que je vais exprimer.” Il explique également que, jusqu’à ce qu’il travaille sur Sound of Metal, il avait même pensé à mettre en pause sa carrière d’acteur. Difficile à imaginer à présent, du moins sur le long terme. Comme il le dit lui-même, il a besoin de partager avec le public. Mais pourrait-il le faire d’une autre manière ? À la pointe de la mode, il s’intéresse notamment à la mode responsable, qui permet d’exprimer sa personnalité tout en respectant l’environnement. Toutefois, sur le plan professionnel, il estime que c’est son activité de producteur qui est la troisième corde à son arc. Après avoir passé des années à aider des gens à faire des films, quelqu’un lui a fait remarquer que c’est cela, produire. Il a donc monté sa propre société, Left Handed Films, qui a présenté son premier film, Mogul Mowgli, à la Berlinale 2020. Aujourd’hui plus que jamais, le monde est en perpétuel changement, et nous devons évoluer avec lui. Cependant, quoi que nous fassions, Ahmed prouve qu’il n’est pas nécessaire de prendre des mesures radicales pour explorer de nouvelles voies. “On peut toujours trouver de nouvelles manières de se réinventer en faisant certains choix plutôt que d’autres, affirme-t-il. Dans mon cas, cela ne signifie pas forcément mettre fin à ma carrière d’acteur, mais plutôt réfléchir aux rôles que j’accepte, à la manière dont je les prépare. Je suis convaincu qu’il est possible de trouver de nouveaux modes d’expression, de nouvelles façons d’évoluer, sans changer de domaine artistique.” “Je ne veux plus être un caméléon” 20 / Jaguar Magazine Jaguar Magazine / 21

 

JAGUAR MAGAZINE

 

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Dans ce numéro, nous nous intéresserons à la créativité des mestres brésiliens qui ont imaginé l’art délicat de la capoeira et à celle des artistes irlandais qui font le lien entre culture ancestrale et modernité. Vous découvrirez également le mariage créatif inattendu de l’iPhone et du papier peint victorien. Enfin, Riz Ahmed, artiste et acteur aux multiples facettes, nous expliquera pourquoi il considère que le moment est venu pour lui de se dévoiler pleinement au public.

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