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THE JAGUAR #06

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Souvent provocateur, toujours créatif, rencontrez le graphiste Stefan Sagmeister | Des ébénistes du Royaume-Uni offrent de nouvelles dimensions à un art mythique | Les délices gastronomiques étoilés au Michelin de Paul Pairet à Shanghai | Iris van Herpen ou comment redéfinir la relation entre mode et technologie | Un voyage dans le temps à Séoul la futuriste

« J’AIME L’IDÉE DE

« J’AIME L’IDÉE DE ME CONSACRER À UN SEUL MATÉRIAU, MÊME SI CE MATÉRIAU NE PARDONNE PAS. » Ci-dessus : les sculptures en bois sublimes d'Eleanor Lakelin. Droite : Sebastian Cox crée des abat-jour « champignon » uniques technique de gestion des forêts, n’est plus très réputé aujourd’hui. En dépit de cela, il l’a utilisé pour créer une collection de meubles modernes, au design et à la fabrication haut de gamme. C'est grâce à ce travail qu’il s’est ensuite essayé à un autre matériau plutôt inhabituel. Dans une petite pièce sans fenêtre, ressemblant davantage à un entrepôt pharmaceutique qu'à un atelier d'ébéniste, Sebastian cultive des abat-jour. À partir de champignons. « Quand on taille, on coupe tout », déclare l’artiste. « Et cela produit de nombreux déchets qui ne servent à rien. Alors on inocule les déchets produits avec du mycélium et ils commencent à pousser grâce aux copeaux qu’ils mangent. Ensuite, on les place dans des moules. » Cette technique permet de produire un matériau doux, dont la texture est semblable au daim, qui ressemble à une pièce de bois tourné et à du tissu. À la fois bon marché, léger et solide, c’est un excellent substitut aux emballages en polystyrène. À l’instar de la nouvelle génération de designers-fabricants-artistes, Sebastian connaît les diverses possibilités qu’offrent les matériaux. Il ne se sent pas limité par les matériaux et aime leur trouver une utilité. Pour Eleonora Lakelin, tout a commencé quand on lui a offert une branche de marronnier d’Inde, car elle utilise ce bois au quotidien. « J'étais ébéniste et je savais que chaque arbre avait des propriétés distinctes, même au sein d'une même espèce », affirme-t-elle. En coupant le morceau de bois, elle a été étonnée par l’indiscipline du broussin. « J'aime l'idée de me consacrer à un seul matériau », dit-elle. Même s’il « ne pardonne pas. Il se casse facilement et est difficile à travailler. Mais j'aime ça. » Fabriquer une pièce peut « prendre des mois », car il faut enlever l'écorce et le bois grâce à un tour pour retirer tout le broussin qui se PHOTOS : ALUN CALLENDER, GLENLIVET, PETR KREJCI 34 THE JAGUAR

ARTISANAT trouve en dessous. C'est un processus minutieux. Si on n’utilise pas la technique correcte, on peut abîmer la pièce. Quant au designer-fabricant Tom Raffield, sa spécialité est le cintrage à la vapeur. À l’instar du taillis, le cintrage à la vapeur remonte à la préhistoire. Le bois est chauffé à la vapeur, puis plié pour acquérir la forme requise. Les abat-jour aux formes arrondies et circulaires de Tom Raffield et ses meubles épurés s’inspirent des années 50. Pourtant, jusqu'à récemment, le cintrage à la vapeur était démodé. « La mode est revenue grâce au laminage, mais le laminage est souvent produit en série, utilise beaucoup de colle et produit beaucoup de déchets. Le cintrage à la vapeur est revenu à la mode au XXI e siècle. », dit-il. C'est la chose la plus addictive que j'aie jamais faite. Il n’y a pas de limites. Il y a très peu de choses qu’on ne puisse pas faire. Cette technique, qui permet de graver un dessin dans le bois, prouve qu’il n'y a pas de lignes droites dans la nature. » Pour le prouver, l’artiste a utilisé du frêne cintré à la vapeur (un matériau rarement associé à la construction) pour construire sa maison du Devon. Le résultat est aussi étonnant que réussi, avec le bardage arrondi semblant couler sur la structure en pierre du chalet du XIX e siècle. Ce mouvement artisanal, qui mêle le traditionnel et le contemporain , pourrait, selon Tom Raffield, créer les antiquités du futur, des objets qui durent pendant des siècles. « Nous voulons fabriquer des pièces intemporelles qui durent », explique-t-il. « C'est une façon de se rappeler de notre façon de consommer et d’utiliser les produits autrefois. Nous pouvons réparer des pièces et développer une relation avec le client, qui développe à son tour une relation avec le produit. Si l’on veut faire preuve de respect envers la nature,

 

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THE JAGUAR #06

 

Le magazine The Jaguar souligne l’art de la performance avec des articles exclusifs qui réveillent les sens, que ce soit le plaisir intense de conduire, Le design ou la technologie de pointe.

Jaguar place la créativité et l’innovation au cœur de toutes ses activités. C’est ainsi que ce numéro abonde en personnalités inspirantes, qu’elles soient designers, inventeurs ou esprits libres des quatre coins du monde. Tout ceci en complément d’une performance automobile omniprésente. Savourez un silence d’or à bord de la I-PACE en Finlande, revivez les moments de légende de la mythique XJ220, découvrez l’élégance indémodable de la XJ 1978 et plus encore...

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Les chiffres donnés ci-dessus proviennent de tests effectués par les fabricants officiels et répondent aux exigences de la législation européenne.
La consommation d'un véhicule fonctionnant normalement peut différer des chiffres présentés ci-dessus. Ces derniers ne sont présentés qu'à titre comparatif.